Au cours des mois de mars et avril 2026, le Burundi a été marqué par des violations graves des droits de l’homme imputables à des agents de l’État et à d’autres personnes étroitement liées au parti présidentiel. Dans un climat d’impunité, la société civile, bien que résiliente, peine à se faire entendre. Les efforts acharnés pour dénoncer ces abus semblent vains face à l’indifférence manifeste du gouvernement, qui ignore les appels pressants à la justice et à une enquête rigoureuse.
La Ligue Iteka, ayant suivi de manière systématique la situation des droits humains dans le pays malgré les défis sur terrain , a enregistré 72 personnes tuées au cours de cette période dont 31 corps sans retrouvés dans différents localités du pays. Parallèlement, les enlèvements et disparitions forcées causaient une profonde inquiétude, avec 9 victimes portant le poids du silence et de l’angoisse sur leurs familles. Des récits décourageants circulaient, relatant la capture de personnes jugées opposantes ou suspicieuses pour n’avoir pas accepté d’intégrer le parti au pouvoir, par les forces de sécurité ou les miliciens Imbonerakure, associés au pouvoir. Ces disparitions laissaient les familles démunies et désespérées, sans nouvelles de leurs êtres chers.
Le contexte était également marqué par des actes de torture, la Ligue Iteka signalant 5 victimes dans les provinces de Gitega, où 2 cas ont été recensés, et de Burunga, où 3 victimes avaient souffert de tels traitements inhumains. Durant cette même période, 29 victimes de violences basées sur le genre (VBG) ont également été documentées. Parmi elles, 22 avaient été violées, dont 20 étaient des enfants ou filles de moins de 18 ans. Les Imbonerakure, en plus d’agents administratifs et de policiers, étaient souvent désignés comme les responsables présumés de ces atrocités.
Enfin, la Ligue Iteka a aussi noté 4 arrestations arbitraires : 3 à Butanyerera et 1 à Buhumuza. Lire le rapport en intégralité