RAPPORT DE LA LIGUE BURUNDAISE DES DROITS DE L’HOMME « ITEKA » POUR LA PÉRIODE DE MAI ET JUIN 2026

Au cours des mois de mai et juin 2026, le Burundi a été confronté à une période tragique, caractérisée par des violations graves des droits de l’homme attribuées à des agents de l’État ainsi qu’à d’autres individus étroitement associés au parti présidentiel. Dans ce contexte d’impunité, la société civile, bien que résiliente, avait des difficultés à se faire entendre. Les efforts soutenus pour dénoncer ces abus apparaissaient vains face à l’indifférence manifeste du gouvernement, qui ne tenait pas compte des appels pressants en faveur de la justice et d’une enquête approfondie.

La Ligue Iteka, qui a suivi de manière systématique la situation des droits humains dans le pays, a enregistré un bilan tragique de 42 personnes tuées durant cette période. En outre, les enlèvements et disparitions forcées suscitent une profonde inquiétude, avec 7 cas entraînant 9 victimes. Les opposants, les membres de la société civile ainsi que des militaires à la retraite demeurent la cible des autorités, qui s’efforçaient de faire taire toute voix dissidente, incitant ainsi chacun à se rallier au parti présidentiel. Ces actes de traque étaient souvent perpétrés par les forces de l’ordre ou les miliciens Imbonerakure, proches du pouvoir. Ces disparitions laissaient les familles dans un état de précarité et de désespoir, sans nouvelles de leurs proches.

Ce contexte était également marqué par des actes de torture, la Ligue Iteka faisant état de 6 victimes dans les provinces de Gitega, où 3 cas avaient été recensés, et de Burunga, où 2 victimes avaient subi de tels traitements inhumains, ainsi que Bujumbura, avec 1 victime issue des anciens militaires en retraite. Par ailleurs, durant cette même période, 21 victimes de violences basées sur le genre (VBG) avaient été documentées. Parmi celles-ci, 13 personnes avaient été victimes de viol, dont 10 étaient des filles mineures. La province de Burunga se distinguait par le plus grand nombre de cas signalés, totalisant 9 victimes, suivie de Butanyerera avec 6 cas, Gitega avec 4 victimes, et Bujumbura comptant 2 victimes. Les Imbonerakure, ainsi que des agents administratifs et policiers, étaient fréquemment identifiés comme les principaux responsables de ces atrocités. Enfin, la Ligue Iteka avait également noté 6 arrestations arbitraires : 2 victimes dans chacune des provinces de Burunga et de Gitega, et 1 victime dans chacune des provinces de Buhumuza et de Bujumbura. Lire le rapport en intégralité

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