Bulletin hebdomadaire Iteka n’Ijambo n°550

La Ligue Burundaise des Droits de l’Homme « ITEKA » présente son bulletin hebdomadaire « ITEKA N’IJAMBO » n°550, couvrant la période du 26 octobre au 1er novembre 2026. Ce numéro met en évidence plusieurs préoccupations relatives à la situation des droits humains au Burundi, notamment les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, les difficultés de gouvernance, les restrictions d’accès aux services essentiels ainsi que les vulnérabilités auxquelles sont confrontées certaines catégories de la population.

Sur le plan politique, la période a été marquée par l’enrôlement partiel des électeurs en prévision de l’élection présidentielle du 3 mai 2027. A Rumonge, des sources locales ont rapporté que des élèves, dont certains seraient nés en 2008 et 2009, auraient été conduits dans des centres d’inscription et que des cours auraient été suspendus dans certains établissements pour favoriser leur enrôlement. A Kayanza, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Prosper Ntahorwamiye, accompagné de commissaires, s’est rendu sur le terrain le 28 octobre 2026 afin de s’enquérir du faible nombre de nouveaux électeurs inscrits dans plusieurs collines.

En matière de gouvernance, les difficultés liées à la distribution des fertilisants agricoles ont continué de susciter le mécontentement des cultivateurs dans plusieurs communes. Des quantités inférieures à celles payées ont été distribuées dans certaines localités, tandis que des agriculteurs demeuraient dans l’attente du remboursement des sommes versées pour les fertilisants non livrés. Ces tensions ont notamment entraîné le blocage de la route nationale n°1 à Matongo pendant environ deux heures et celui de la route Rutana-Gihofi-Muzye à Kabanga. Par ailleurs, des commerçants et des ménages de Rumonge ont été contraints de contribuer au financement de la permanence du CNDD-FDD. Certains habitants ont même été privés d’accès aux robinets publics pour défaut de paiement de cette contribution, soulevant de sérieuses préoccupations quant au respect du caractère volontaire des contributions et du droit à l’eau.

A Karusi, un magasinier de la société FOMI et deux responsables administratifs ont été mis en cause dans une affaire portant sur la disparition présumée de 40 sacs de fertilisants de 25 kg chacun. Dans la même commune, une opération de police a permis de saisir environ 1 000 litres d’essence au domicile d’un chauffeur de taxi. A Bubanza, cinq cas de vol ont été signalés au cours de la semaine sur la seule sous-colline Kanabuba, touchant des habitations et des biens appartenant aux habitants.

Les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique constituent également un motif majeur de préoccupation. Le bulletin recense 5 personnes tuées, dont celui d’un coiffeur à Mwaro, celui d’un homme tué par balle par un militaire à Bukinanyana et 3 cas de découverte de corps sans vie à Rutana et Gishubi. Il rapporte aussi un homme grièvement blessé par balle par un militaire à Kaburantwa, ainsi que le cas d’une fillette de 10 ans qui a été brûlée aux mains par sa tante maternelle et tutrice à Nyabihanga. Ces faits soulèvent des interrogations sur la protection de la vie, l’usage de la force par les agents de sécurité et la prévention des violences contre les enfants au sein des familles. 2 personnes dont une mineure ont été portées disparues dans des conditions non élucidées en province Burunga dans les communes de Rutana et Musongati laissant une angoisse pour leur famille quant à leur sécurité.

La situation des personnes vulnérables et des populations affectées par les catastrophes demeure préoccupante. A Butezi, en commune Ruyigi, les pluies torrentielles accompagnées de vents violents ont détruit environ 33 maisons et endommagé plusieurs champs de cultures. Au camp de réfugiés congolais de Busuma, les intempéries ont affecté 510 tentes, laissant environ 2 000 personnes sans abri. Les dégâts ont également touché les installations sanitaires, l’approvisionnement en eau, les vivres et les infrastructures utilisées pour les activités de remédiation scolaire, avec près de 800 enfants potentiellement affectés.

Dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels, les difficultés d’accès aux services essentiels persistent. Dans les communes de Muhanga et Kiremba, en province de Butanyerera, l’insuffisance de bancs-pupitres, d’enseignants et de latrines compromet les conditions d’apprentissage des élèves. Par ailleurs, les communes de Muramvya et Kiganda ont connu quatre jours consécutifs sans électricité, entraînant la paralysie de certaines activités commerciales et des perturbations dans les services hospitaliers, notamment le fonctionnement des morgues et des couveuses.

A travers ce 550ėme numéro de son bulletin hebdomadaire, la Ligue Iteka entend porter ces faits à la connaissance des autorités compétentes, des partenaires nationaux et internationaux ainsi que de l’opinion publique. Elle souligne la nécessité de prévenir les violations des droits humains, de garantir l’accès équitable aux services essentiels, de protéger les personnes vulnérables. La documentation rigoureuse, la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité demeurent indispensables à la consolidation de l’État de droit et au respect de la dignité humaine au Burundi. Lire le bulletin

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