Le 18 juin 2020, Évariste Ndayishimiye accédait à la présidence de la République du Burundi avec une promesse forte : tourner la page des crises du passé, restaurer la confiance, renforcer la bonne gouvernance et replacer le citoyen au cœur de l’action publique. Six ans plus tard, le bilan apparaît contrasté. Le Burundi a connu une relative stabilité institutionnelle, certaines initiatives économiques et sociales ont été engagées et plusieurs évolutions positives peuvent être relevées. La croissance économique a notamment repris et des efforts ont été entrepris dans la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance.
Mais ces avancées coexistent avec une réalité préoccupante sur le plan des droits humains et des libertés publiques. La documentation consolidée de la Ligue Iteka pour la période de juillet 2020 à juin 2026 fait état de 7 967 allégations de violations des droits humains, parmi lesquelles : 3 157 personnes tuées (dont 1 739 corps sans vie retrouvés); 283 personnes enlevées et portées disparues ; 348 cas de torture ; 830 victimes de violences basées sur le genre, dont plus de 80 % de violences sexuelles et 3 349 arrestations arbitraires. Ces chiffres ne constituent ni un recensement exhaustif de toutes les violations commises dans le pays, ni un verdict judiciaire. Dans un contexte marqué par la peur, les difficultés d’accès à l’information et les risques de représailles, le nombre réel de violations pourrait être loin supérieur aux cas documentés. Lire le rapport en intégralité